jeudi 15 octobre 2015

La cuisine centrale, ses 10 ans.. et ses 10% de bio

Peut-être aurez-vous reçu la lettre, nous annonçant, non sans fierté, les dix ans de la cuisine centrale de Dijon (sinon la voici via ce lien)

10% en 10 ans, ça ferait du 1% par an...
Avec un taux de progression aussi impressionnant, logiquement dans dix ans, on arrivera à atteindre l'objectif fixé par le Grenelle pour...2012 ! 

Mais consolons nous, Dijon est Citée de la Gastronomie...avec régulièrement au menu des petits un large panel de choix issu de l'agro-industrie. 
C'est le cas en particulier dans la spécialité des fromages qui sont exclusivement locaux (dans un rayon de 2000 km, Vitagora oblige...) 
Samos, Cantadou, Babybel, Saint Moret, Pick et Croq, Kiri, etc.
Des placements de marques qui formatent bien l'éveil au gout des futurs petits consommateurs - nos "gastronomes en culotte courte".

10 % c'est déjà ça... oui mais...
Notons au passage que la municipalité nous confirme qu'il s'agit bien de 10% du budget et non 10% de la ration. Une différence de taille en effet !
Car selon le choix des aliments la ration bio dans l'assiette est bien maigre.

Pour comparaison, Grenoble et aussi - plus proche -  Marsannay ont décidé de passer à 50% la part des aliments dans les repas afin de rattraper leur retard sur les nombreuses villes de France qui ont mené ce projet. 

50% à Grenoble et Marsannay, c'est un effort considérable, cela a sûrement pris beaucoup de temps ? 
Non, en fait, il a fallu moins d'un an aux nouvelles équipes municipales pour servir 50% de bio dans les repas.
(Voir ici notre précédent article)
La différence ? C'est la volonté politique sur le sujet. Notre principal frein local !
Pourtant Dijon a déjà fait de nombreux progrès en matière d’écologie et continue de s'orienter vers des projets environnementaux importants sur les déplacements, l'eau, l'énergie et l'air. 
Elle a même acheté un domaine, y plante une forêt et vendange du vin bio !

Alors, à l'occasion de ses 10 ans, faisons un vœux pour la cuisine centrale et pour nos marmots : que nos élus aient le déclic et saisissent ce formidable levier que constitue le passage à l'alimentation bio à la cantine vis à vis des multiples enjeux sanitaires, économiques et environnementaux.


Bon anniversaire à la cuisine centrale de Dijon!
Avec tous nous vœux pour qu'elle évolue vite et durablement vers la bio!

Un petit cadeau à voir et revoir:


mardi 15 septembre 2015

Lons-le-Saunier montre l'exemple

L'histoire de la bio à la cantine de Lons-le-Saunier ne date pas d'hier. 
Mais aujourd'hui les média s'y intéressent à nouveau comme exemple car la commune fonctionne comme beaucoup de villes avec une cuisine centrale et elle s'est maintenant dotée d'une légumerie, qui lui permet non seulement de cuisiner en bio mais aussi en bio-local.
Les avantages sont démontrés dans ces reportages, tant sur le plan gustatif et sanitaire, qu'environnemental et économique. Ajoutons aussi la démarche sociale par le partenariat avec un Esat.


Avec une capacité de 200t/ans de légumes préparés le développement des productions locales en agriculture biologique est garanti, assurant le projet sur le long terme.

Reportage du 15-09-2015 sur France 2/Journal de 13h
Reportage du 11-09-2015 sur France3/Franche-Comté

mardi 24 mars 2015

Stop aux pesticides "cancérogènes probables" dans nos assiettes !

L'agence du cancer de l'Organisation Mondiale de la Santé vient de se prononcer:  17 experts de 11 pays se sont réunis au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, Lyon, France) pour évaluer la cancérogénicité des pesticides organophosphorés: tétrachlorvinphos, parathion, le malathion, le diazinon, et le glyphosate.
Ce dernier est le principe actif du Roundup et c'est une des substances les plus répandues en agriculture et en horticulture en tant qu'herbicide.
"En France, un champ de blé sur trois est traité au glyphosate. En Europe, pas moins de 400 entreprises en commercialisent, à travers 30 désherbants différents. Ailleurs dans le monde, une bonne partie des maïs et soja OGM ont été conçus pour être « Roundup ready », c’est-à-dire résistantes au glyphosate. Ce qui permet d’épandre du glyphosate sur un champ et y tuer toutes les plantes sauf les OGM." (rue89 23/03/2015)

"Cancérogène probable" ?

"[Le CIRC - (Centre international de recherche sur le cancer)] "classe donc l’herbicide au rang de cancérogène probable, dans sa catégorie 2A. Pour comparaison, on trouve dans la même catégorie les formaldéhydes, ces produits chimiques biocides utilisés dans les colles, résines et dans le textile dont la mise sur le marché est interdite en France depuis 2012.

Les bitumes routiers, qui ont valu la condamnation en 2012 d’une filiale de Vinci après la mort d’un employé atteint d’un « cancer du bitume », ne sont classés eux que dans la catégorie 2B, c’est-à-dire cancérogènes possibles. C’est dire la prudence du Circ. Rappelons ensuite que jamais un agent classé cancérogène n’a ensuite été rétrogradé par le Circ à un échelon de dangerosité inférieur."
Lire l'article sur Rue89 (Rue89 23/03/2015)

Sommes-nous concernés par l’absorption des herbicides ? 

En décembre  2011, des chercheurs de l'université de Leipzig ont cherché à déterminer la présence ou non du glyphosate dans les urines pour  un échantillon de population urbaine.  Tous les échantillons ont montré des concentrations importantes de matière active de l'herbicide, qui était supérieure de 5 à 20 fois supérieure à la limite de l'eau potable. Aucun des sujets examinés n'avait été en contact direct avec l'agriculture. Liens sur ce sujet : Etude, Article, autre article
Et malheureusement,  l'exposition de la population aux pesticides ne s'arrête pas uniquement au glyphosate, comme en témoigne ces autres articles:
Une vingtaine de perturbateurs endocriniens dans les cheveux des Parisiennes (Le Monde 12/03/2015)
Pesticides: les Français en ont plein le sang (Pesticides-Etudes 15/03/2011)

Les populations qui vivent à proximité des cultures traitées, sont quant à elles directement exposées.
Parfois avec des conséquences immédiates, comme en Gironde en mai 2014, où 23 enfants et leur enseignante ont été pris de malaises (Omerta sur les pesticides dans le vignoble bordelais (Le Monde 04/07/2014). Ou bien sous une forme latente : Les pesticides agricoles contaminent les habitations des résidents ruraux (Bioaddict 20/02/2011)

Nous absorbons les pesticides présents dans l'eau

Le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) publie des chiffres inquiétants sur les données de 2012:"Il y a des pesticides dans 89% des points de mesures en eau de surface. Dans 26% des points de mesures c’est même 20 pesticides et plus que l’on retrouve, dans + de 51% des points plus de 11 pesticides différents ! Au niveau des cours d’eau, 602 pesticides différents ont été identifiés." 

De nos jours plus personne n'est surpris par un article sur l'état de la pollution des rivières...Pesticides : la contamination alarmante des rivières françaises (Les Echos 21/03/2015)
On sait que certaines molécules ne disparaissent malheureusement pas facilement. Et tôt ou tard, elles se retrouvent dans l'eau de consommation...Tout comme les antibiotiques, elles nous reviennent par le robinet, voire même dans l'eau en bouteille.Qualité de l’eau potable : difficile d’échapper aux polluants.Traces d’herbicides, de fongicides et même de médicaments ! (60 Millions -Mag 25/03/2013)

Nous absorbons les pesticides présents dans les aliments

De nombreuses études ont déjà témoigné de la présence de résidus de pesticides et d'autres substances liés aux procédés industriels (conservation, emballage...) dans l'alimentation. Certaines s'accumulent dans notre organisme, d'autres sont capable de perturber l'organisme même à faible dose.
Une étude qui date de 2010 démontrait déjà, la présence des pesticides dans l'alimentation.

En mars 2013, l'Association Génération futures, approfondie son étude en ciblant les produits issus du blé et révèle que 75% des aliments étudier contiennent des résidus de pesticides.Enquête EXPPERT 1 - Exposition aux Pesticides Perturbateurs Endocriniens

Stop aux pesticides et aux OGM dans nos assiettes !

Dès lors que ces pesticides, dont le plus utilisé (le glyphosate) est reconnu cancérogène probable, il en va de la santé publique que de veiller à ce qu'il ne se retrouvent pas dans les assiettes ou les verres de nos enfants à la cantine.
Pour cela nous appelons nos élus à agir à trois niveaux:

  1. Interdire les aliments produits au moyen de pesticides
    Car ils sont les plus susceptibles de contenir des résidus de pesticides. C'est pourquoi nous défendons les aliments biologiques des différents labels, qui seuls, répondent à des cahiers des charges stricts et sont contrôlés par des organismes indépendants, offrant un maximum de garanties aux consommateurs.
  2. Interdire les OGM dans les assiettes, les viandes et les produits d'animaux nourris aux OGM (œufs, laitages, etc.) 
    Car les OGM promeuvent les pesticides! Par exemple le Maïs MON603 est produit pour que la plante résiste  lors de sa culture au désherbant (RoundUp qui est donc également cancérigène "probable"). En réalité cela génère une augmentation du recours aux pesticides dans les cultures et augmente donc les résidus sur l'alimentation et augmente également les pollutions des nappes phréatiques et rivières.
    3 OGM de Monsanto reconnus toxiques pour la santé ! (Bioaddict 14/12/2009)
    80% des animaux d'élevage consomment des OGM (bastaMAG 6/05/2011)
  3. Interdire l'emploi des pesticides autour des captages d'eau, selon les bassins versant et les zones étendues qui concernent directement et indirectement les captages.
Aujourd'hui, il est temps d'agir, d'autres le font déjà:
Pollution : de l'agriculture bio au secours de la qualité de l'eau à Paris (Le JDD 22/03/2015)

L'UFC-Que Choisir Côte d'Or dénonce: PARODIE DE CONSULTATION SUR L’EAU POTABLE DANS LES BASSINS RHÔNE ET SEINE


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mardi 13 janvier 2015

Grenoble, 50% de bio, en route pour le 100%

(Encore) un exemple à suivre..
C'était l'engagement n°42 de la campagne des municipales de l'équipe d'Eric Piolle, nouveau maire de Grenoble depuis moins d'un an: 

Viser 100% de bio et local dans la restauration collective municipale

"Aller vers 100% de bio dans la restauration collective municipale (scolaires, personnes âgées, personnel) est possible tout en favorisant le local. Pour cela nous soutiendrons les petits producteurs (AMAP et marchés) et développerons à l’échelle intercommunale une agriculture péri-urbaine de qualité, créatrice d’emplois et préservant l’environnement. Cela permettra de pérenniser l’approvisionnement de la ville en produits agricoles sains, éthiques et durables. Nous créerons une structure pour produire et transformer des produits bio pour la restauration municipale. Nous diminuerons le gaspillage dans la restauration collective. Parce que l’alimentation est une priorité sociale, nous doublerons les paniers solidaires et développerons les initiations à la cuisine. Nous soutiendrons la création d’une épicerie solidaire à l’image d’expériences réussies dans les communes voisines."

Depuis le 5 janvier 2015, la nouvelle municipalité est déjà à mi-chemin de son engagement pour la restauration collective avec des repas qui sont servis avec une part de 50% d'aliments bio.

On note aussi dans l'engagement de campagne qu'il est question d'une structure de transformation (légumerie ?), qui est le chaînon manquant à Dijon pour permettre l'entrée croissante des légumes bio-locaux à la cuisine centrale.

Grenoble fonctionne, avec une cuisine centrale, comme Dijon et sert 1 200 000 repas/an comme Dijon !

On nous a souvent reproché l'utopie du "100% bio" du texte de notre appel, à presque en douter nous-même. Mais après Mouans-Sarthoux, Saint-Etienne et de nombreuses autres villes, nous sommes convaincu que Grenoble y arrivera et qu'il est temps pour Dijon de franchir la marche des 10% sous laquelle elle reste bloquée.
Dijon ne peut pas rester par sa cantine la citée d'une gastronomie aux résidus de pesticides et industrielle. 

Bravo aux élus et aux services municipaux grenoblois qui ont réussi à passer en quelques mois à 50% de Bio à la cantine !

Lien vers les menus du mois de janvier 2015 de la cantine grenobloise




samedi 25 octobre 2014

Le bio n'est que 0,285% plus cher !

Déjà l'automne et nous sommes impatients, maintenant que 6 mois de mandats se sont écoulés, de voir les résultats pour la cantine de Dijon ! 
En effet, la municipalité (ré-)élue s'est engagée durant la campagne électorale à mettre en place 20% de bio à la cantine.
C'est en fait 10% supplémentaires, si l'on considère les 10% déjà revendiqués par la ville. 

Mais il semblerait que nos marmots devront attendre encore un peu car le menu du mois de novembre sera triste au possible : une omelette et un semoule pour tout aliment bio sur le mois! Un recul pour mieux se lancer?

Dans le même temps nous avons eu de bonnes nouvelles des coûts de l'alimentation bio en restauration collective dans les résultat de l'étude 2014 de l'Agence Bio

Dans un précédent article, nous calculions le surcoût induit par l'introduction des produits bio, sachant qu'à la cuisine centrale dijonnaise, le coût des denrées ne représente que 15% du coût total de préparation du repas (qui prends en compte par ailleurs les salaires, les investissements matériels, l'énergie, etc.)

Il est donc temps de réactualiser notre calcul:

15%(part des denrées) x 10% (de bio en + qu'actuellement) 
x 19% (de surcoût moyen) =
0,285% de surcoût ramené au prix du repas

Passer au bio coûte maintenant encore moins cher 

Comme l'ont fait d'autres villes précédemment, un recours au bio non-local* est une solution de départ qui permet d'amorcer la transition de la cantine tout en développant dans le même temps un réseau bio-local à moyen terme.

*le réseau des maraîchers,  notamment en vallée du Rhône et Paca s'est fortement développé ces dernières années. Pas locaux mais pas si loin...

mercredi 22 octobre 2014

Pour la santé de nos enfants, exigeons des cantines bio !

Une nouvelle pétition a été lancée sur le réseau Newmanity, elle réunit déjà plus de 2000 signatures:


Pour la santé de nos enfants, exigeons des cantines bio !

Proposer du Bio et local dans les cantines scolaires c’est :
- protéger l’environnement et la santé de vos enfants,
- créer des emplois, et soutenir les agriculteurs de la région.
Même si les municipalités ont intégré des produits issus de l’agriculture bio dans les menus de certains restaurants collectifs, on est bien loin des objectifs du Grenelle de l’Environnement qui visait les 20% de bio en 2012.
En 2012 les achats de bio ne représentaient que 2,4% des achats de la restauration collective (1) !
Pourtant certaines communes ont franchi le pas ! Saint Etienne sert quotidiennement 80% de repas bios composés à 41 % de produits locaux dans ses cantines scolaires, et le collège de Chabreuil dans la Drôme est passé au bio à prix constant (2).
Aujourd’hui, Newmanity vous donne la possibilité d’agir pour la santé de vos enfants. Demandez à votre maire de s’engager à proposer des produits bios et locaux dans les cantines scolaires !
Signez la pétition et diffusez-la autour de vous !
Pour signer la pétition c’est ICI

En savoir plus :

samedi 16 août 2014

"Manger Bio Bourgogne", le groupement d'agriculteurs qu'il nous manque !

Le réseau FNAB (Fédération Nationale d'Agriculture Biologique des régions de France) a publié un annuaire des groupements d'agriculteurs bio qui se sont constitués, pour la plupart, afin d'achalander les cantines scolaires. 
Comme nous l'avions précédemment illustré ici (et aussi là), ces groupements sont des outils importants pour développer la bio localement produite et en même temps pérenniser le recours au bio dans les cantines.
Nous regrettons qu'un tel groupement régional ou départemental ne se soit toujours pas constituée en Bourgogne. 

Manque d'impulsion du côté politique? Effet de niche de la bio locale? Un peu des deux ?  


Pour aller plus loin,  ne manquez pas ce dossier complet de Sophie Chapelle sur Bastamag.net !:
Des cantines scolaires avec des repas 100% bio et locaux, c’est possible ?